Home Vie du mouvement CNJE : quand l’esprit d’entreprise fête ses 40 ans !

CNJE : quand l’esprit d’entreprise fête ses 40 ans !

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Jeudi, 15 Octobre 2009 12:07

En 1969 naissait, sous l’impulsion de 6 Junior-Entreprises, la Confédération Nationale des Junior-Entreprises. Échange avec M. Le Febvre, premier président de la CNJE et membre fondateur du mouvement de l’esprit d’entreprendre.


Vous avez été le premier président de la CNJE : que gardez-vous des débuts de cette association, depuis sa genèse jusqu’à la fin de la première année d’activité ?


Ça a été une période tout à fait passionnante, où se sont mêlées les naissances de 6 Junior-Entreprises et celle de la CNJE. À l’époque, je faisais mon cursus supérieur à l’ESSEC et j’ai donc participé à la création d’ASSAS Service, notre J.E.. En parallèle, des structures similaires se créaient à Montpellier, Lille ou encore… C’était une période effervescente, notre petit nombre nous permettant de vraiment tous nous connaître et d’échanger les bonnes pratiques de façon, sans doute, bien moins formelle que maintenant. C’est dans ce cadre-là qu’est né le concept de la CNJE : nous n’avions pas de référent et nous étions confrontés à des questions de facturation d’honoraires, de récupération et versement de ces mêmes honoraires aux membres du bureau et aux collaborateurs ponctuels, comme les administrateurs d’études… Nous avons donc décidé de mettre en oeuvre un organe de régulation, à même de déterminer les grandes lignes de fonctionnement et de process. Je me souviens que nous avons dû vraiment lutter pour sensibiliser les politiques notamment et parvenir à faire passer nos idées, les transformer en textes légaux : un réel apprentissage du lobbying et des rouages de la politique ! Une année était un temps très court pour mettre en place tout ce que nous avions à l’esprit et faire naître l’esprit d’entreprendre à la Confédération, mais nous sommes parvenus à en déterminer les fondations, à savoir un cadre juridique et de conduite.

 

 


Quelles étaient, à l’époque, les missions de la CNJE et celles de son président ?

Je pense que la mission de la CNJE n’était pas très différente de celle qu’elle effectue encore aujourd’hui. Il s’agissait de veiller au bon fonctionnement des associations existantes ou en création. De par notre concept novateur, il était aussi – et peut-être même avant tout – question de veiller à l’image de marque des structures et d’éviter les dérapages. Les J.E. en étaient à leurs balbutiements, nous devions nous construire une image auprès des pouvoirs publics, de nos écoles, des fournisseurs, … En fait, pour être synthétique, la CNJE devait apporter la déontologie nécessaire au mouvement. Au-delà, nous avions également pour chantier les aspects juridiques, fiscaux, sociaux… chantier d’envergure, car nous partions de rien ! Et enfin, le dernier objectif était de nous faire connaître ; auprès de la presse et de futurs clients potentiels, bien sûr, mais également en interne, au sein des écoles où nous avions pour volonté de porter la bonne parole et de convaincre nos pairs de l’intérêt des Junior-Entreprises. En tant que président, j’étais en tête de pont sur toutes ces missions : nous étions trop peu à l’époque pour une répartition des tâches par groupe de projet. J’étais totalement dédié à la CNJE !


Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette expérience, à titre per sonnel et professionnel ? Est-ce une expérience à laquelle vous êtes sensible dans le cadre des relations professionnelles ?

À titre personnel, la naissance de la CNJE, sa construction, ça a été une fabuleuse aventure, partagée avec des gens mus par l’esprit d’entreprise et portés vers les mêmes objectifs : un plaisir quotidien ! Sur le plan professionnel, l’influence n’en est pas moins forte : j’ai appris énormément, bien plus que si j’avais uniquement suivi l’enseignement classique dispensé à l’époque… Cette expérience m’a donné une approche totalement différente de l’entreprise et a influencé ma carrière : ainsi, bien que j’aie débuté comme salarié, j’ai gardé en moi l’esprit d’entreprendre, le goût du challenge, ce qui m’a amené à créer mon entreprise. Sans aucun doute, c’est la graine semée à l’époque des J.E. et de la CNJE qui a germé et abouti sur ce projet ! Aussi, je suis très sensible à une expérience similaire chez mes collaborateurs ou partenaires professionnels ; ça reste une référence pertinente dans un parcours. J’ai même fait appel à une J.E. dans le cadre d’une étude, lorsque j’étais entrepreneur. Je reconnais dans ces expériences et parcours similaires au mien un engagement et un esprit d’entreprendre pour lesquels j’ai, aujourd’hui, le même respect qu’il y a 40 ans.

Yves R.