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Jacques Attali montre la voie aux Junior-Entrepreneurs

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Vendredi, 22 Janvier 2010 10:58

Jeudi 21 janvier 2010 au siège du MEDEF, les Junior-Entrepreneurs ont échangé avec Jacques Attali sur les enjeux de la prochaine décennie. L’économiste a montré aux acteurs de demain comment se préparer aux évolutions à venir.

Pour aborder cette nouvelle année, la Confédération Nationale des Junior-Entreprises (CNJE) est allée à la rencontre de Jacques Attali ce jeudi 21 janvier 2010 au siège du MEDEF. Le Club Junior-Entreprises animé par Nicolas Rossignol, journaliste, et Manon Pietri, Junior-Entrepreneuse, a accueilli plus de 350 personnes pour assister à l’interview du célèbre économiste. Egalement Conseiller d’Etat et essayiste prodigue, celui qui fut classé parmi les cent intellectuels les plus influents de notre époque par Foreign Policy a livré son analyse de l’année 2009 et de la décennie à venir.


Face aux Junior-Entrepreneurs, « ceux qui vont créer pour demain », Jacques Attali a souligné l’année 2009 comme une année riche en matière d’expression artistique mais marquée par de nombreuses déceptions : « Copenhague a révélé que la gouvernance mondiale n’existait pas ». Jacques Attali a ainsi insisté sur l’inégale attitude des différents gouvernements face à la crise et l’isolement de l’Afrique « le G20 ne contient pas l’Afrique. L’Afrique, c’est un milliard d’habitants. Le G20 est le masque du G2, composé des Etats-Unis et de la Chine ».


« Pour le monde, une croissance formidable ; pour nous, un lent déclin »


Jacques Attali a souligné la montée en flèche de la croissance mondiale liée à internet, à la biotechnologie, à la nanotechnologie et aux neurosciences, secteurs d’avenir pour les Junior-Entrepreneurs. Dans cette guerre de l’innovation, l’Europe semble mal préparée : « Nous n’avons pas assez le sentiment d’une menace », a regretté Jacques Attali. Seule la conscience d’un déclin possible pourrait selon lui relancer l’envie d’innover et permettre à l’Europe de trouver sa place.


« On ne peut pas rendre moral le capitalisme, mais le réguler et l’encadrer, pour qu’il n’aille pas jusqu’au bout de son avidité »


Interrogé sur les urgences à régler lors de cette prochaine décennie, Jacques Attali a affirmé que les problèmes écologiques ne sont pas les plus préoccupants, puisque « l’humanité a toujours su remplacer les énergies ». C’est la pauvreté qui est alarmante. Un tiers de la population mondiale vit sous le seuil de pauvreté. L’économie doit mieux prendre en compte cette réalité en axant ses efforts sur le progrès de la démocratie pour développer les entreprises : une « économie altruiste » doit se développer en marge du capitalisme, une nouvelle voie pour les entrepreneurs. Jacques Attali a ainsi souligné les évolutions qui vont dans ce sens avec le développement du microcrédit.


Face à ce tableau dépeint par Jacques Attali, les Junior-Entrepreneurs ont cherché à comprendre quelle attitude adopter. Dans un contexte de crise, doit-on prendre des risques ? Pour Jacques Attali, il s’agit de « peser les différentes perspectives » pour « oser dans des limites circonscrites ». La menace du déclin ne doit pas être l’objet d’un repli sur soi ou une source de pessimisme, elle est un encouragement à se dépasser. Ainsi, la véritable audace serait de « construire quelque chose sur le long terme » de façon stratégique, et non pas d’oser pour le simple principe d’oser. Jacques Attali a ainsi conseillé aux futurs entrepreneurs présents dans l’assistance d’ « oublier la France » : « il faut vous battre pour la France, mais ailleurs ».


Evénement réunissant les Junior-Entrepreneurs autour de personnalités au coeur de l’actualité économique et sociale, le Club Junior-Entreprises a ainsi été l’occasion pour la jeune génération de décrypter le monde dans lequel elle vit, d’anticiper ses évolutions et de comprendre comment être acteur de son avenir.